I

LE CIMETIÈRE DE MES ENNEMIS

Outre tombeau , outre pierre
Ma dépouille en lambeaux s'abandonne à la Mer.
Comme le Coeur d'un peintre qui n'a pas de saison
La rancoeur sur un ceintre dépourvu de blouson.
La moisson arrive en traître comme on traite un sans nom.
Je ne suis qu'une carte dans la poche d'un blouson.
Dépourvu de ceintre où je peux reposer.
Mais ne sentir que la douleur , par ces ceintres, infligée.
La peste m'a fuit. Je n'ai pas plus de mot.
Les repos sont enfin mérites couronnés
Que l'enfant que je suis resté ne trahissent.
Je suis un oiseau sans ailes noyé aux abysses.
Les plafonds et les sols décrassés,
Les blousons sur un ceintre
Que les marques ont laissé
Sur ma peau de poète et de peintre
Hydratent mes rancoeurs de Salaud
Sur les pots de fleurs qui décorent mon tombeau
D'une Pierre flétrie où St Pierre
Ne punit que mes vieux tortionnaires.
INESTA Guillaume
Le 28/05/2023
À BRIANÇON
©andras