Le Dernier Refuge
Moi (dans un cri de cœur) :
« S'il te plaît, bats-toi, ne lâche pas ma main,
Le vide est un gouffre où je ne peux tomber.
Regarde, la lumière attend le lendemain,
Tu es mon courage, tu ne peux pas succomber.
Tiens bon encore, une heure, une seconde,
Je t'en supplie, ne ferme pas les yeux.
Sans toi, je n'ai plus de place dans ce monde,
Reste avec moi, on sera encore heureux. »
Lui (dans sa lutte acharnée) :
« Je t'entends, je t'écoute, je force mes poumons,
Je mords dans la vie pour rester ton ami.
Je cherche la force sous mes vieux tendons,
Pour ne pas te laisser seul dans l'infini.
Regarde mes yeux, vois comme ils te supplient,
De voir que j'essaie, que je ne fuis pas.
Je repousse la nuit qui doucement me lie,
Je veux rester ici, je veux rester là.
Moi:
ne m'abandonne pas stp,ne me fais pas ça. On a beaucoup trop de choses à vivre encore.
Lui (dans un souffle de regard) :
Je sens le poids du monde au bout de mes pattes lasses,
La terre m'appelle et l'ombre se fait douce.
Pourtant, je lutte encore, je cherche ta trace,
Je refuse le froid, je refuse la mousse.
Je retiens chaque souffle comme un trésor volé,
Car je ne peux partir sans ton odeur pour guide.
J'attends que tes mains viennent m'envelopper,
Pour que le grand voyage ne soit pas trop vide.
Moi (le prenant contre mon cœur) :
Je vois tes yeux qui luttent, je sens ton corps trembler,
Mon vaillant petit guerrier au cœur si fatigué.
Ne te bats plus pour moi, ne sois plus effrayé,
Je suis là, tout près, tu peux tout relâcher.
Mes bras sont ton armure, mon sein est ton nid,
Je t'offre ma chaleur pour ton dernier repos.
Le temps s'arrête ici, dans ce cercle béni,
Va vers la lumière, je porte tes fardeaux.
Lui (s'abandonnant enfin) :
Je sens tes doigts familiers dans le creux de mon cou,
La douleur s'efface, le silence devient beau.
Ton cœur bat contre le mien, je ne crains plus rien du tout,
Je m'éteins dans tes bras comme on sort de l'eau.
Merci pour les courses, les rires et la vie,
Pour chaque caresse, pour chaque chemin.
Je m'endors en toi, l'âme enfin guérie,
En emportant le goût de ta peau dans ma main.
Moi (dans un murmure) :
Va, mon fidèle ami, cours là où tout est bleu,
Sans laisse et sans peine, libre sous le soleil.
Tu emportes une part de moi dans tes yeux,
Et moi, je garde ton amour pour seul éveil.
Lui :
Pardonne-moi, mon humain, je n'y suis pas arrivé,
J'ai voulu rester, j'ai voulu être fort.
Mon cœur s'est brisé à force de lutter,
Je suis désolé de ce triste sort. »
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