...Le lendemain...
Lhomme entra dans le salon.
Dans la ville encore assoupie.
On l'avait appelé plus tôt.
Café fumant entre ses doigts
Pour couvrir l'odeur de l'endroit.
Les sirènes s'étaient tues mais dansaient encore.
Envoûtant les passants curieux,
de leur blafarde lumière bleue.
Lhomme toisa l'enseigne de la devanture
Puis passa le seuil,
Sachant que les images seraient dures.
Jeune homme étalé sur le dos
Figé dans le temps
Sa bouche béante dans un cri de terreur dont on pouvait deviner l'écho persistant.
L'odeur de mort et de sang seché monta jusqu'à son nez qu'il couvrit machinalement.
Tout autour, ça fourmillait, ça prélevait...
Il ne restait plus que des traces
Sur son corps.
Comme une histoire écrite au scalpel sur sa peau ouverte.
Comme un livre ouvert, dévoré,
Mais jamais refermé.
Laissé là, sans égard.
Lhomme s'approcha encore
Il constata avec horreur
Que là où devaient se trouver des yeux
Gisaient deux trous hurlant
Pleurant des larmes de sang cette absence.
Atterré par l'outrance, lhomme ressortit.
Dehors, les flashs crépitaient.
Les voix s'élevaient.
Interpellant l'homme.
Ils avaient des questions.
Car hier dans la journée,
Pour l'opinion, bientôt terrifiée,
Le tatueur était né...
K