Ce lit, autrefois nid de tendres veillées,
Où nos corps mêlés chassaient la nuit froide,
N'est plus qu'un espace aux draps désolées,
Où ton absence immense se déploie et gronde.
Mon côté conserve l'empreinte fantôme,
Un creux léger, souvenir de ta chaleur.
Le silence y murmure ton doux surnom,
Et l'air vibre encore de ton odeur.
La couverture, trop grande et trop lisse,
Ne garde plus la chaleur de tes bras.
Elle pèse sur moi comme une éclipse,
Me rappelant ce qui ne reviendra pas.
Les oreillers jumeaux, orphelins l'un de l'autre,
Ne recueillent plus nos rêves entremêlés.
Chacun garde en soi un écho de l'autre,
Un vide immense où nos têtes reposaient.
La lumière blafarde du matin qui se lève,
Souligne cruellement l'espace vacant.
Ce lit, témoin muet de notre brève
Histoire, est aujourd'hui mon seul séant.
Et je m'étends parfois sur toute sa largeur,
Pour sentir l'étendue de ce qui est perdu.
Ce lit partagé avec l'absence et la douleur,
Où chaque nuit mon cœur reste suspendu.
Dans le silence lourd de cette chambre vide,
Ton absence est une présence obsédante.
Ce lit, notre passé devenu livide,
Est le tombeau froid d'une flamme éteinte.
©rina30
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