LE MANNEQUIN DANS LA VITRINE
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui mon âme s'installe ?
Je me tiens là, brisé, devant ce corps de cire,
Sous l'éclat sans pitié d'un néon blafard,
Et je sens dans ma gorge un immense martyre,
Le poison du regret, le venin du hasard.
J’ai pleuré sans pudeur, le front contre la glace,
Parce que je voulais être habillé pareil ;
Je voulais ce velours pour couvrir ma disgrace,
Et cette étoffe d'or pour chasser mon sommeil.
C'est une agonie douce et pourtant souveraine :
Vouloir être cet autre, impeccable et serein,
Alors que sous ma peau, l'amertume et la peine
Se tordent en silence comme un vieux parchemin.
Oh ! l'habit de lumière et mon âme si grise !
Voir ma propre misère en ce reflet parfait...
Mon cœur s'en est allé, comme une feuille admise
Dans le vent du dédain, pour ce qu'il ne fut fait.
INESTA Guillaume
Le 19/12/2025
À Briançon