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Le masque

Le masque
Je vais bien,
c’est ce que je dis.
C’est ce que je montre.
Un sourire bien placé,
un rire appris par cœur.
Personne ne voit
le poids derrière mes yeux,
ni les tempêtes
que je range soigneusement
avant de sortir.
Je porte un masque
parce qu’il rassure.
Parce qu’il évite les questions.
Parce qu’il est plus simple
que d’expliquer l’épuisement.
À l’intérieur,
je négocie avec mes pensées,
je rassemble mes morceaux,
je respire à petites doses.
Mais à l’extérieur,
je fonctionne.
La santé mentale,
ce n’est pas toujours crier,
c’est souvent se taire
pour continuer à tenir debout.
Un jour, peut-être,
j’oserai enlever le masque
sans avoir peur
d’être jugée,
abandonnée,
ou trop lourde à aimer.
En attendant,
je fais de mon mieux.
Et parfois,
survivre en silence
est déjà un acte de courage.