Devant la glace froide, mon visage apparaît,
Marqué par les ombres des jours révolus.
Mais au-delà des traits que le temps a tracé,
Se révèle un reflet plus sombre, plus confus.
Ce n'est pas mon image seule qui s'y mire,
Mais le spectre des choix que je n'ai pas faits.
Les mots non dits, les gestes que je n'ai su dire,
Les chemins manqués, les amours imparfaits.
Dans la profondeur argentée du verre,
Je vois les occasions envolées à jamais.
Les silences coupables, la douleur amère
D'avoir laissé s'éteindre de tendres sommets.
Chaque ride nouvelle est le sillon creusé
Par un remords tenace, une faute ancienne.
Chaque regard fuyant, un aveu déguisé
Des blessures infligées, de la peine malsaine.
Le miroir impitoyable me renvoie sans cesse
L'écho des regrets qui hantent mes nuits.
Les "si seulement" lourds de tristesse,
Les occasions perdues, les éternels ennuis.
Il est le témoin silencieux de mes erreurs,
Le gardien austère de mes illusions brisées.
Dans sa surface lisse, se lisent mes douleurs,
Les traces indélébiles des années passées.
Et je me tiens là, face à cette vérité crue,
Où le passé se projette avec amertume.
Le miroir des regrets, où mon âme se tue
À revivre sans cesse un douloureux volume.
Dans ce reflet figé, sans aucune clémence,
Je vois le prix amer de mes hésitations.
Le miroir des regrets, implacable sentence,
Où se noient mes espoirs et mes aspirations.
©rina30
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