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Le Poids Muet du Soir

Le jour s'éteint, et avec lui le bruit du monde,
Laissant place au silence, lourd et pénétrant.
Dans l'ombre qui s'étend, une angoisse profonde
Se réveille en moi, un secret lancinant.
Ce poids muet, tapi au fond de ma poitrine,
Grossit à mesure que la nuit s'épaissit.
Chaque respiration devient une épine,
Chaque battement de cœur, un aveu qui s'agite.
Dans le calme feutré de ces heures nocturnes,
Où les masques tombent et les âmes se dévoilent,
Mon secret brûle, flamme interne et taciturne,
Empoisonnant la paix que le soir déploie.
Les silences s'étirent, chargés de non-dits,
De vérités cachées derrière mes paupières.
Chaque instant de répit est une trêve fragile,
Avant que le fardeau ne devienne plus lourd qu'hier.
Dans le lit déserté ou partagé sans âme,
Le secret s'immisce, mur invisible et froid.
Il sépare les corps, il éteint toute flamme,
Laissant planer un malaise, une sourde effroi.
Les pensées s'emballent dans l'obscurité dense,
Le secret dévoilé, la peur de ses conséquences.
Ce poids invisible, cette lourde sentence,
Alourdit chaque silence de mes nuits immenses.
Et je lutte en vain contre cette oppression,
Ce fardeau nocturne qui me tient éveillé.
Le silence du soir, loin d'être une bénédiction,
Est le théâtre angoissant de mon secret scellé.
Dans le sommeil des autres, je reste en éveil,
Portant seul le poids de cette vérité tue.
Le silence du soir est mon sombre cercueil,
Où mon secret grandit, implacable et têtu.
©rina30