D'un glissement de doigt, la magie opère,
Les imperfections s'estompent, la réalité se perd.
La peau se lisse, les traits se redessinent,
Dans un miroir truqué où les défauts s'inclinent.
Les yeux s'agrandissent, captivants et profonds,
Le teint s'illumine, oubliant les fonds
De cernes et de fatigue, les marques du temps,
Dans cette quête vaine d'un éternel printemps.
Le corps se sculpte, les formes s'affinent,
Les rondeurs s'estompent, les angles se définissent.
Une image idéalisée, loin du reflet premier,
Dans cette prison dorée du paraître altéré.
Ces masques virtuels, devenus coutume étrange,
Effacent la beauté brute, le charme qui échange
L'authenticité vraie contre un idéal factice,
Une course sans fin à une apparence factice.
On se perd parfois dans ces illusions flatteuses,
Oubliant la richesse de nos propres creuseuses
De rides et de sourires, témoins de nos vies,
Dans cette uniformisation où l'unique s'oublie.
Ces filtres qui lissent, qui gomment, qui transforment,
Volent une part de nous, la beauté qui nous forme.
Car c'est dans nos singularités que réside l'éclat,
Bien plus que dans l'artifice d'un monde filtrat.
Alors, osons le naturel, la vérité du miroir,
Car c'est dans nos différences que réside le vrai pouvoir
D'une beauté authentique, d'un charme singulier,
Bien au-delà des écrans et de leur éphémère allié.
©rina30
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