R

Le Serpent des Sourires

Vos bouches s'étiraient en arcs de joie feinte,
Des façades lisses où rien ne transparaît.
Et moi, naïf, à cette image sainte,
Je buvais vos paroles sans aucun regret.
Mais entre l'éclat blanc de vos rires complices,
Un serpent visqueux se faufilait en secret.
Le mensonge froid, aux écailles perfides,
Corrompait l'instant, l'emprisonnait.
Vos regards croisés, prétendument sincères,
Masquaient l'artifice, la trame ourdie.
Derrière la façade de vos manières,
Se cachait l'ombre d'une sombre perfidie.
Ces sourires offerts, doux et engageants,
N'étaient que des masques, des trompe-l'œil habiles.
Le venin du faux, distillé en ces instants,
Empoisonnait nos cœurs, les rendant fragiles.
Et moi, je me souviens de ces échanges clairs,
Où la confiance aveugle obscurcissait ma vue.
Ignorant le piège tendu dans l'air,
Le mensonge glissé, subtil et imprévu.
Aujourd'hui, le souvenir de ces sourires menteurs
Laisse un goût amer, une blessure profonde.
Car j'ai cru à la pureté de ces moments enchanteurs,
Sans voir l'ombre du mensonge qui se fonde.
Ce serpent tapi entre deux rires sonores,
A détruit la beauté de nos illusions.
Et je découvre enfin, au milieu des douleurs,
La cruelle ironie de ces douces trahisons.
©rina30