Brusquement, l'écran s'éteint, la lumière s'estompe,
Et dans le vide laissé, un silence se pompe.
Non pas le silence paisible d'une nuit étoilée,
Mais un silence étrange, une réalité dévoilée.
L'absence de la notification vibrante,
Du message urgent, de l'image captivante.
Un vide soudain dans le flux incessant,
Comme une respiration retenue, un instant.
On tend l'oreille, presque malgré soi,
Habitué au murmure digital, à ce léger effroi
De manquer quelque chose, l'information cruciale,
Dans cette connexion forcée, devenue banale.
Ce silence révèle la dépendance insidieuse,
Cette angoisse diffuse de se sentir oiseuse,
Coupé du réseau, de cette présence virtuelle,
Où notre ego se nourrit, même de futilités banales.
On redécouvre alors l'écho de ses propres pensées,
Le bruit du monde réel, les choses délaissées.
Le souffle du vent, le chant lointain d'un oiseau,
Des sensations oubliées, un nouveau tableau.
Ce silence forcé peut être libérateur,
Une pause bienvenue, un vrai réparateur
De l'esprit saturé, de l'attention fragmentée,
Un retour à soi, à une réalité augmentée
Non pas par les écrans, mais par la présence vraie,
Par l'écoute attentive de ce qui nous est près.
Alors, savourons parfois ce silence inattendu,
Car c'est dans son sein que le vrai se répand, entendu.
©rina30
R