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Le silence qui fait du bruit Je ne sais pas si un jour tu mesureras Ce que…

Le silence qui fait du bruit

Je ne sais pas si un jour tu mesureras
Ce que j'ai porté sans jamais le montrer
Mais j'ai besoin d'écrire ce que tu ne liras
Peut-être jamais. Juste pour me libérer.

Je t'ai aimé avec une sincérité nouvelle,
Celle que je ne savais pas tenir en moi,
Sans calcul, sans filet, sans arrière-penséeuelle
Juste toi. Naturellement. Simplement toi.

Mais le temps, ce révélateur cruel et doux,
M'a soufflé une vérité que je refusais :
Que j'aimais seul. Que dans cet amour à genoux,
Il n'y avait que moiq et l'écho de mes regrets.

Aimer seul, c'est un silence qui saigne en dedans,
Un bruit sourd que personne d'autre n'entend,
C'est crier dans le vide avec une voix d'enfant
Et recevoir en retour le souffle du néant.

Je t'ai regardé t'éloigner sans jamais partir,
Te sentir si proche sans jamais te tenir,
Et moi, j'attendais fidèle à mon désir
Que ton regard sur moi daigne enfin se poser.

Ce qui me brise le plus n'est pas l'amour non rendu.
C'est d'avoir cru vraiment cru que ce que je ressentais
Pouvait traverser le silence et te rejoindre là où tu vis,
Pouvait effleurer ton âme et laisser quelques traces.

J'ai tout donné de ce que j'avais de plus vrai :
Mon attention, mes nuits, mes pensées les plus tendres,
Mes émotions offertes comme autant de bouquets
Que le vent dispersait avant que tu puisses les prendre.

Et malgré tout cela malgré cette offrande entière
Je n'ai jamais su si j'existais dans ton cœur,
Si mon prénom, parfois, traversait ta lumière,
Ou si j'étais une ombre au bord de ton bonheur.

Je ne t'en veux pas.
On ne commande pas à l'amour.
On ne force pas un cœur à battre pour un autre.

Mais je m'en veux à moi
D'avoir aimé aussi fort,
Aussi profond,
Aussi longtemps,
Quelqu'un dont les yeux
Ne cherchaient pas les miens.Aujourd'hui je comprends que certains amours
Ne naissent pas pour être vécus côte à côte —
Ils naissent pour être ressentis, traversés, et un jour
Lâchés doucement, comme on lâche une barque qui flotte.

Alors je te laisse partir de mes mains, pas de mon âme.
Car dans mon cœur, tu demeureras encore un peu,
Comme la dernière lueur d'une ancienne flamme
Qui refuse de mourir tout à fait sous la pluie.

Peut-être qu'un jour tu comprendras la valeur
De ce que tu n'as pas su ou pas voulu choisir.
Et moi... j'apprendrai, lentement, avec douceur,
À vivre avec un amour que je n'ai pu que ressentir.

Car les amours non partagés ne sont pas des échecs.
Ce sont des preuves silencieuses
que le cœur, lui, n'a jamais eu peur d'aimer. 🤍