Le silence qui reconnaît
Je ne suis pas tombé amoureux parce que mes yeux auraient contemplé quelque chose d'extraordinaire, ni parce qu'un visage m'aurait foudroyé au premier regard… mais parce que, sans fracas, quelque chose en moi s'est apaisé dès l'instant où tu t'es approchée.
Comme si ta présence n'était pas un simple passage, mais une quiétude silencieuse qui trouvait naturellement son ancrage en moi avant même que je puisse en saisir le mystère.
Avant même que les mots effleurent ce que je ressentais, mon cœur semblait déjà te reconnaître… comme une mémoire enfouie qui n'a nul besoin de preuve pour veiller.
Je ne quêtais ni une beauté qui éblouit, ni une perfection qui intimide mais ce souffle rare qui apaise les tempêtes intérieures… et sans l'avoir cherché, je l'ai trouvé, vivant, en toi.
Avec toi, rien n'a été abrupt. Tout est venu doucement, presque en silence, comme une lente descente vers une contrée de moi-même que j'avais laissée en friche.
Peu à peu, j'ai compris que mon cœur ne se tendait plus en ta présence… il se déposait, comme s'il retrouvait enfin un rivage familier après une longue errance.
Je n'ai pas aimé seulement ce que je voyais, mais ce que je devenais lorsque tu étais là : plus serein, plus vrai, plus réconcilié avec ma propre lumière.
Et j'ai compris que certains amours ne naissent pas dans l'éclat ni dans l'évidence… mais dans une tendresse silencieuse qui réordonne notre façon de respirer, sans que l'on sache jamais vraiment pourquoi et sans que cela importe.
G