Le temps n'efface rien
Le temps n’efface rien, apparemment il soulage.
Rend quelques plaies plus pâles, pour la plupart.
Semblant chasser le noir, mais augmente l’orage,
Cache l’envie de rire sous les larmes, quelque part.
Il n’est pas notre ami, pas notre ennemi non plus.
Ne soulage pas nos doutes, ajoutant en surplus.
Un criminel qui ne cesse de suicider nos souvenirs,
Un juge qui condamne, qui ne cesse de trahir.
Il va où il veut, comme l’eau qui coule de la rivière.
Pas là aujourd’hui, demain, pourtant il était là hier.
Il nous nie dans la tristesse que l’on oublie,
Un assassin qui tue chaque instant, avec ses plis.
Avec des plumes, le temps semble tout écrire.
Pire pour ceux qui pensent qu’il les efface, un jour.
Il biffe, rature, mais jamais ne sait détruire.
Il n’existe qu’au présent, disparaît sans détour.
S’il passe, pourquoi rien ne va vraiment mieux ?
Il n’efface pas, il nous rend vainement vieux.
Il ne va nulle part, c’est nous qui vieillissons.
Il restera inchangé, même quand nous périssons.
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