I

LE TORCHON D'ANDRAS

Dans un marché lugubre, des squelettes, vendus au Diable,
Sœurs siamoises s'égorgeant, destin cruel et instable.
Une noix putride, vers grouillants, chants de Satan,
Serviettes souillées, triste et banal quotidien.
Solitaire, lavant des assiettes, dans ma sombre détresse,
Me blessant, criant, l'air empli de lourde tristesse.
Attendant l'exsangue, torchon tremblant dans ma main,
Décédé, mensonges au singe, mon unique témoin.
Dans ce monde sombre et déchu, où la folie règne en maître,
Les ombres dansent, peurs et échecs, spectacle sinistre.
Squelettes vendus au Diable chuchotent secrets impurs,
Dans ma folie, rêves meurtris, tourments et murmures.
Soudain, une voix ténébreuse retentit, Andras, démon séducteur,
"Pourquoi errer dans ce crépuscule, dans cette nuit sans lueur?"
Je frissonne, répondant, "Perdu, égaré dans mes tourments,
Dans cet univers de faux-semblants, de douleurs et tourments."
Andras ricane, sa voix empreinte de malice et de mystère,
"Viens, je te montrerai un monde d'illusions, de chimères."
Je lève les yeux, hésitant, ses prunelles incandescentes,
"Je ne crains plus rien, je te suis, toi, démon des âmes ardentes."
Ensemble, nous plongeons dans l'abîme, dans une valse macabre,
Où l'amour et la haine s'entremêlent, dans une danse funèbre.
Squelettes vendus au Diable, dansent avec nous, dans l'obscurité,
Et je me perds à jamais, dans cette étrange réalité.
INESTA Guillaume
LE 7/04/2024
Briançon
©andras