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LE TRAVAIL DES ENFANTS

LE TRAVAIL DES ENFANTS
HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN
La nuit, je revois la petite Hélène,
Une fillette de douze hivers
Qui faisait, certes,
plus que son âge.
Mais était-ce une raison
Pour la priver de son enfance ?..
Je te revois, fillette,
A quatre heures trente de la nuit,
Tu grelottais, petite boule de froid,
Devant les portes de ton enfer.
Petite bonne femme,
Par une nuit de sanglots
Tu m'as dit un secret
Qui aujourd'hui me fait pleurer :
Tu avais appris à rêver
Pour dans ta tête tout changer.
Changer.
Déjà tu voulais t'envoler,
Tu voulais déjà t'envoler.
Dites moi que vous comprenez.
S'il vous plaît, dites-moi que vous comprenez..
Gaspard, un gavroche de son âge,
Au bouclier plus que fragile,
Qui lui souriait tel un soleil,
Lui promit de partir en quête,
Lui promit de mourir en quête..
Sacré Gaspard, tu n'es plus là.
Les gens d'argent font pas de cadeaux..
Les quêtes, c'est fait pour les curés..
Disent tous que la vie c'est comme ça..
Qu'on n'y peut rien, faut pas rêver,
Faut obéir, parler ballon.
Comment peuvent-ils accepter ça ?..
Hélène rêvait de rallumeurs d'étoiles Qui, sur leurs échelles triomphaient.
Cieux scintillants et nuits dorées.
Nuits à l'abri du tonnerre
De ces machines qui t'ont brisée..
Qui t'ont fauchée à quatorze ans..
Un accident, la faute à eux.
La honte à eux.
La faute à eux, toujours les mêmes.
Les mêmes seigneurs impunément.
Ton rêve dit que tu t'es jetée
Dans une rivière de diamants,
De diamants en formes de cœur.
Le cœur de Gaspard retrouvé.
Tu vas enfin. Le marier.
©etipaf