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L'Éclipse Intérieure

L'Éclipse Intérieure
Je sens glisser l'hiver sous ma propre peau,
Un lent naufrage dont je suis le témoin.
Les mots que je porte deviennent des fardeaux,
Et mon propre reflet me semble si loin.
C’est un incendie froid qui ne fait pas de bruit,

Où mes rêves s’effritent en cendres de sel.
Je suis une étoile qui cherche la nuit,
Pour ne plus voir l'éclat d'un trop vide ciel.
Je meurs en moi-même, sans cri ni fracas,
Comme une île que l'onde finit par manger.

Mon cœur est un temple où je ne suis plus là,
Un lieu familier devenu étranger.
Je cherche la source, je cherche la clé,
Du moi qui riait, du moi qui vibrait ;
Mais la chair demeure, le souffle est scellé,
Dans ce grand désert que je me suis fait.