I

L'ÉCLOSION DEMONIAQUE (HIVER ROUGE)

Dans la lie nocturne où les flocons s'épandent,
Le Père Noël, autrefois roi des cieux, s'effondre en lande.
Son traîneau jadis glorieux, à présent en ruines,
Dans l'obscurité glaciale, laisse échapper d'étranges bruines.
Ses rennes, créatures majestueuses du firmament,
D'une faim vorace, deviennent démons affamés de tourments.
Ils dévorent leur maître avec une grâce étrange,
Puis, l'innocence des agneaux est souillée dans leur mange.
Le sang des dieux, comme une marée de pourpre déferlant,
Inonde les terres, emportant l'innocence en chantant.
Les rivières pleurent leur limpidité perdue,
Pendant que le monde sombre dans l'abîme, éperdu.
Les étoiles, témoins muets de ce funeste destin,
Versent des larmes d'argent sur un monde en déclin.
Les petits flocons, tels des anges en deuil, continuent de choir,
Porteurs de l'écho tragique d'une nuit sans espoir.
Dans ce tableau d'horreur, l'âme de la nature est meurtrie,
Les bois sombres murmurent des chants de mélancolie.
Les cieux eux-mêmes pleurent leur éclat autrefois pur,
Alors que la Terre, dans sa détresse, attend l'ultime murmure.
Ainsi s'achève ce conte, dans l'ombre et le froid,
Où les petits flocons tissent l'épitaphe d'un monde déchu etroid.
Dans cette nuit éternelle, la douleur danse en silence,
Et la tristesse enveloppe le monde, condamné à l'absence.
INESTA GUILLAUME
9/11/2023
©andras