L'enfance s'éloigne, voile de brume légère,
Emportant les rires clairs, les jeux sans artifice ni piège.
Les genoux écorchés, les rêves sans frontière,
S'estompent peu à peu, sur une nouvelle page.
Déjà pointe l'attente, un regard insistant,
Qui modèle les gestes, les paroles, le maintien.
Une féminité précoce, un rôle pressant,
Où la spontanéité s'efface, le naturel devient chien
De garde, surveillant chaque mouvement, chaque mot,
Pour ne pas dévier de la ligne tracée.
Les poupées cèdent la place à des idéaux,
Des corps lisses et jeunes, une beauté tracée.
On presse le pas, on brusque la transition,
De l'insouciance pure à la représentation.
Les codes s'imposent, les douces rébellions
S'étouffent en silence, par conformité ou raison.
Le droit de grimper aux arbres, de courir sans entrave,
S'amenuise, remplacé par une posture grave.
Les robes virevoltent avec une autre intention,
Celle de plaire, d'attirer l'attention.
Ce passage forcé, cette perte insensible,
D'une innocence pure, d'un temps paisible,
Laisse parfois des traces, un vide inexpliqué,
Un regret secret d'un chapitre tronqué.
Alors, comment guider ces jeunes années fragiles,
Entre le souvenir doux des enfances graciles
Et l'appel du devenir, sans brusquer le chemin,
Laisser éclore la femme, sans éteindre l'enfant enfin ?
Il faut un espace tendre, une main bienveillante,
Pour que l'éclosion se fasse, douce et lente,
Où l'enfance passée nourrit la femme qui vient,
Sans effacer les rires, sans forcer le maintien.
©rina30
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