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L’enfant que je n’ai pas le droit de trahir

L’enfant que je n’ai pas le droit de trahir
Je me rappelle de cette fillette.
Celle aux rêves trop grands
pour un monde trop étroit.
Je me rappelle de ses envies étouffées,
de ses projets griffonnés dans le silence,
de ses combats menés sans armes,
de ses prières chuchotées quand tout le monde dormait,
de ses luttes invisibles,
de ses supplications adressées au ciel,
de sa destination qu’elle n’a jamais cessé de viser.
Et je me demande…
Si elle me voyait aujourd’hui,
si elle voyait qui je suis devenue,
serait-elle heureuse d’avoir tant sacrifié ?
Serait-elle fière de moi ?
Je cherche une réponse,
je fouille mon âme,
mais je la connais déjà.
Non.
Elle serait déçue
que j’aie abandonné aussi vite.
Alors je me hurle à moi-même :
Lève-toi.
Lève-toi pour cette fillette
qui a sacrifié son enfance pour toi.
Bats-toi pour ses nuits sans sommeil,
pour ses larmes séchées en silence.
Combat tous ceux qui ont douté d’elle,
tous ceux qui ont ri de ses rêves,
tous ceux qui ont essayé de la briser
avant même qu’elle ne se construise.
Va au sommet pour elle.
Même si ça fait peur.
Même si ça fait mal.
Parce qu’elle le mérite.
Parce que tu le lui dois.