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Les choses qu’on ne dit jamais à voix haute

Les choses qu’on ne dit jamais à voix haute
Ces mots qu’on garde,
ces vérités qu’on tait,
ces émotions qu’on cache
sous un sourire bien rangé.
On apprend à respirer sans bruit,
à pleurer sans larme,
à rire pour rassurer ceux qui regardent,
à se taire pour ne pas déranger.
Et quand le monde s’endort,
on déplie nos pensées froissées,
on parle enfin —
à soi, à la nuit, à personne.
Car parfois,
ce qu’on ne dit pas
crie plus fort que tout ce qu’on avoue.
Et puis un jour,
sans prévenir,
on dépose une phrase sur le papier —
comme une cicatrice qu’on trace à l’encre,
non pour rouvrir la plaie,
mais pour lui offrir un nom.
Les mots deviennent des pansements,
ils recousent les brisures invisibles,
ils murmurent : « tu as survécu »,
quand le monde, lui, n’en savait rien.
Alors on apprend que se taire
n’est pas toujours se perdre,
que parler tout bas
peut être un cri qui sauve.
Et si personne n’entend,
tant pis —
on écrit,
on guérit,
et on recommence à exister.