Dans le clair-obscur où la lumière chuchote,
Je suis ce clown aux rires de velours,
Un Satan dissimulé sous une façonnante flamme,
Angélique illusion, je charme les jours.
Mon visage d’étoffe, doré par la lumière,
Cache les tourments d’un cœur en désastre.
Ô muse des ténèbres, dans ce monde éphémère,
Je fais danser l’âme, mais l’ombre se dresse.
La foule s’enthousiasme, ivre de mes facéties,
Chaque éclat de rire, une larme latent,
Comme un spectre raillant les fatalités,
Je jongle avec l’air, entre rires et sang.
Étrange bonheur, ce vertige des plaisirs,
Sous chaque sourire, le chaos abat ses ailes.
Je suis le bouffon, le triste satiriste,
Le diable en légèreté, où la beauté ruisselle.
Mon masque s’illumine de la lueur des failles,
Derrière les cris futiles, grondent des secrets.
Dans l’ombre se trame une danse sans égale,
Une mélodie amère qui jamais ne s’effraie.
Ses yeux éblouis, ô naïfs, se perdent,
Dans les clartés du faux, l’amas des mensonges.
Tandis que mon cœur, tel un agenouillé se farde,
Voilà la vraie face où la tristesse se plonge.
Riez, mes chers amis, emportés par la fête,
Car moi, Satan caché, au fond de ma déchéance,
Je vis l'ironie d’un monde qui s'inquiète,
Dans l'abîme de la gloire, je danse en silence.
L’harmonie d'un rire, l’écho d’une souffrance,
Tout en jouant le jeu, je scrute l’horizon,
Le sentiment amer d’une incessante errance,
Masque angélique vers une éternelle prison.
INESTA Guillaume
le 12 décembre 2024
à Briançon
©andras
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