Les enfants qu’on n’écoute pas
Il y a des enfants
qui apprennent trop tôt
à se taire.
Des enfants
qui connaissent la peur
avant de connaître le monde.
Leurs jouets restent rangés,
mais leurs cœurs
sont déjà fatigués.
La maltraitance
ne laisse pas toujours de traces visibles.
Parfois elle habite
dans les regards baissés,
les gestes brusques,
les silences trop sages
pour leur âge.
Un enfant maltraité
ne devient pas bruyant.
Souvent,
il devient invisible.
Il marche doucement,
parle peu,
essaie de ne pas déranger,
comme si exister
était déjà une faute.
Et les adultes passent à côté
en disant :
« Il est calme, cet enfant. »
Non.
Il est en train d’apprendre
à survivre.
Un enfant ne devrait jamais
avoir peur de la maison
où il dort.
Ni de la main
qui devrait le protéger.
Un enfant n’est pas un poids.
Ni un défouloir.
Ni une propriété.
C’est une vie
confiée à nos soins.
Protéger un enfant,
ce n’est pas un geste héroïque.
C’est le minimum humain.
Écoutez-les.
Observez-les.
Croyez-les.
Parce qu’un enfant
qui ose parler
fait déjà preuve
d’un courage immense.
Et notre devoir
est simple :
être l’adulte
qui arrête la violence —
pas celui
qui l’excuse.
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