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Les jours en sourdine

Les jours en sourdine
Ça commence par un matin qui n’a pas de couleur.
Le réveil sonne, mais c’est mon cœur qui est en veilleur.
Je mets un pied par terre, l’autre refuse,
Comme si mon corps savait un truc que mon âme accuse.

Tout est là. Les murs, le toit, la table.
Mais moi je suis passée en mode sable :
Je glisse entre les doigts des “ça va aller”,
Je m’effrite quand on me dit de me lever.

Dehors, les gens courent après des heures.
Moi je cours après l’envie de rester.
Le sourire, je l’ai rangé dans un tiroir,
Avec les projets, les “plus tard”, les “on verra”.

Ce n’est pas de la tristesse. C’est pire.
C’est le vide qui apprend à bien s’habiller.
Il met mes habits, il répond à ma place,
Et tout le monde croit que c’est moi qui passe.

La dépression, ça ne crie pas. Ça chuchote :
“À quoi bon ? Reste là. La vie, c’est trop.”
Ça te vole les goûts, les sons, les pourquoi,
Et ça laisse ton nom sans personne dedans.

Mais je t’écris quand même, à toi qui lis,
Si t’as la poitrine en plomb ce matin aussi :
T’es pas cassé. T’es pas seul. T’es en panne.
Et une panne, ça se répare, ça se dépanne.

Un verre d’eau. Une fenêtre. Un pas.
C’est con, c’est petit, mais c’est déjà ça.
Demain ne promet rien. Mais il existe.
Et parfois, exister, c’est la seule piste.

Parle. Pas pour guérir d’un coup.
Juste pour que le silence arrête d’être loup.
Un médecin, un ami, un 988 au bout du fil :
Ta voix mérite de l’air, même si elle est fragile.

Je ne te dirai pas “souris”.
Je te dirai “respire”.
Et si respirer c’est trop, alors :
“Je suis là. On attend ensemble le prochain jour.”

MWZ ✍️