les murmures qui hurlent
Viens.
Que je te raye la carrosserie.
Pas pour blesser.
Pour voir.
Si l’instant d’un soir
respire encore
dans tes entrailles.
Je veux ton clair-obscur.
Les silences
que ta bouche hurle
et que ton cœur murmure
aux satellites
les nuits de blizzard.
Refaisons l’histoire.
Pas celle qu’on raconte
pour se rassurer.
L’autre.
Celle
où l’on oserait être
enfin Nous.
Sans masque.
Sans décor.
Sans mensonge.
La nature brute
de ce que nous étions
avant le grand jeu de la Vie,
celui
où l’on apprend si bien
à s’oublier.
Regarde.
Au fond de toi
dorment encore
nos promesses brisées.
Elles ont grandi
dans l’ombre
comme des racines aveugles
nourries de manque.
Alors laisse-les.
Aux oubliettes.
Car même quand les lèvres se taisent
le corps
se souvient.
Et dans la faille
où tout semblait perdu
il reste
ces cris silencieux
qui frappent la nuit
comme un cœur enfermé
sous la peau du monde.
Et là,
dans la fissure,
brûle encore
l’or.
B