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Les muscles,comme armure

Le corps sculpté, tendu, chaque muscle apparent,
Une forteresse dressée, un rempart apparent.
Il se construit une armure de chair et d'acier,
Pour affronter le monde, ses coups acerbes et fiers.
Chaque entraînement intense, une brique ajoutée,
À cette carapace où l'intime est protégé.
Les veines saillantes, les fibres tendues à vif,
Un langage muet qui dit "je suis combatif".
Mais derrière cette puissance, cette force affichée,
Se cachent des silences lourds, des peurs cachées.
Les mots retenus, les émotions bridées,
S'accumulent en un cri que personne n'entend, idée
Fixe qui hante les nuits, les jours trop longs.
Ce mutisme forcé, cette absence de sons,
Est un appel muet, une douleur profonde,
Que l'armure de muscles ne parvient pas à fonde.
Car la force physique ne saurait suffire
À contenir les tempêtes, les intimes délires.
Le besoin de parler, d'être entendu vraiment,
Se heurte à la barrière d'un consentement
Tacite au silence, à la virilité stoïque,
Où l'aveu d'une faiblesse est une panique.
Alors le cri s'intériorise, rongeant l'âme,
Un poison lent qui consume toute sa flamme.
Il faut briser cette armure, oser le dialogue,
Laisser les mots s'échapper, lever le voile opaque
Des silences pesants. Car la véritable force réside
Dans la capacité de s'ouvrir, de laisser son cœur guide
Ses paroles, ses émotions, sans crainte ni honte.
Les muscles sont une protection, certes, mais ils ne font
Pas tout. Le cri silencieux demande une oreille,
Un cœur compréhensif qui enfin le réveille.
©rina30