I

LES VIGNES VERMINES

Dans l'ombre d'un palais, le Kalif, avide,
Déguste un raisin, douceur sucrée, liquide.
Mais en ce fruit, cachés, des vers démoniaques,
Dans son ventre insatiable, trouvent leur éthique.
Dans l'écho des ténèbres, le drame se dessine,
Les vers, avides, festoient dans sa chair divine.
Sang et douleur s'entrelacent en un ballet cruel,
L'agonie danse, le souffle devient linceul.
Crachant le pourpre, le Kalif succombe, exsangue,
Son corps se tord dans une ultime agonie tangue.
Au puits des rats, sa dépouille trouve son repos,
Les rongeurs affamés en font leur festin clos.
Ainsi va le destin, cruel et sans merci,
Même les puissants ne peuvent échapper à l'oubli.
Dans l'ombre, la tragédie se joue en un soupir,
Le Kalif, naguère fier, succombe au désir.
INESTA Guillaume
©andras