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Les vivants provisoires On n’est pas sur terre pour longtemps, mais on est…

Les vivants provisoires

On n’est pas sur terre pour longtemps, mais on est sous terre pour un bon bout de temps. Et pourtant,
regarde-nous. Courir comme si nos noms allaient survivre à la poussière. Se déchirer pour des choses
que le temps oubliera avant même nos tombes.

On passe nos vies à repousser demain comme si demain nous appartenait. On dit : “plus tard.” “quand j’aurai le temps.” “quand ça ira mieux.” Mais le temps, lui, ne promet jamais rien. Il avance avec le calme cruel de ceux qui savent déjà la fin.

Alors les années tombent doucement. Sans bruit.
Sans cérémonie. Et un jour, quelqu’un prononce notre nom pour la dernière fois sans savoir que c’était la dernière. Je crois que c’est ça qui me trouble le plus. Pas la mort. L’effacement. Le moment où même nos souvenirs commencent à perdre leurs contours dans la mémoire des vivants.

On vit peu. Mais on disparaît lentement. Très lentement. Comme si le monde hésitait entre nous garder et nous rendre complètement au silence.
Alors parfois je me demande pourquoi on passe autant de temps à haïr, à mentir, à écraser les autres
pour quelques années de plus sous le soleil.

Quand au final, la terre reprend tout avec la même patience. Les gentils, les monstres, les regrets, les promesses. Tout finit sous le même ciel fermé. Et peut-être que vivre, ce n’est pas devenir important.
Peut-être que vivre, c’est juste apprendre à être humain avant de disparaître.
Les vivants provisoires 

On n’est pas sur terre pour longtemps, mais on est…
#sur la vie