L'étoile inaccessible
Je t'aime d'un amour sans promesse et sans rive,
Sans refuge où poser ce que je ressens,
Un amour nu, ardent, qui tremble et qui dérive
Vers toi toujours vers toi malgré le temps.
Je t'aime comme on aime une étoile trop haute,
Trop pure pour nos mains, trop lointaine pour nos bras,
Mais dont l'éclat suffit, dans nos nuits sans escorte,
À empêcher le cœur de chercher autre endroit.
Je sais oh, je le sais que tu n'es pas à moi.
Cette vérité-là m'habite comme une blessure,
Elle vit dans chaque silence, dans chaque désarroi,
Dans chaque rêve beau qui s'efface à l'aurore obscure.
Pourtant je reste là, fidèle à l'impossible,
Gardien d'un sentiment que personne ne voit,
Portant ton nom gravé au plus profond de l'indicible,
Comme on porte une prière qu'on n'ose dire à voix haute.
Il est étrange d'aimer ce qu'on ne peut pas garder.
Étrange de tenir dans l'âme un prénom qui ne viendra
Jamais habiter nos aubes, jamais réchauffer
Ces lendemains que seul le vide traversera.
Tu es devenu cette douleur que je chéris,
Cette blessure lumineuse que je refuse de fermer,
Ce manque magnifique dont mes nuits sont nourries,
Cette flamme que j'entretiens sans jamais l'avouer.
Et moi je continue discrètement, éperdument
De t'aimer en secret avec la folie douce
Des cœurs condamnés à espérer éternellement,
Des âmes qui brûlent sans que personne ne les pousse.
Car certains amours ne naissent pas pour être vécus.
Ils naissent pour consumer, pour illuminer l'ombre,
Pour brûler en silence dans les cœurs qui ont perdu
Le droit d'être aimés en retour mais pas celui d'aimer dans le nombre.
Et c'est peut-être cela, le plus grand des mystères :
aimer sans être aimé, et trouver dans ce feu solitaire
non pas la ruine mais une étrange, douloureuse,
et magnifique façon d'exister.
G