L’homme…
Ils dorment comme des nouveaux nés
Ils dorment comme s'ils avaient été anesthésiés
Ils dorment profondément, imperturbables
Ils dorment aisément, les rêves comme des fables
Paisiblement, les cœurs allégés
Puis des faux sourires qui ornent les visages
Le semblant d’en profiter
Alors que nous souffrons en silence
Derrière ces visages se cache la tristesse
Que dans l’ombre des plaintes sans cesse
Mais la peur de l’ouvrir fait taire
On préfère se rassasier dans les rêves
Car là au moins personne ne nous empêche
Personne ici ne constitue un frein
Nous sommes les maîtres absolus, incontestés
Incontournables, nous façonnant une image
Pour assouvir notre soiffe de liberté
Mais cela ne restera qu’un mirage
Car jamais nous ne pourrons la toucher
Si elle reste dans cet espace fermé
Cet espace qui s’éloigne de la réalité
Ce pourquoi il va falloir concrétiser
Ne plus dire
Pour >
Et encore ce que j’ai toujours voulu être
L’homme qui n’a pas succombé durant la guerre
L’homme qui a résisté jusqu’à la fin
L’homme n’a point faibli, car il a toujours eu de l’espoir
L’homme qui s’est battu avec le courage d’un roi
Un homme qui mérite d’être appelé homme
Un homme debout quand les autres sont au sol
Il a gardé ses rêves dans son cœur
Puis il est devenu la personne qu’il a rêvé
Il a affronté les obstacles sans la peur
Il n’a pas eu froid quand il fallait décider
Puis ses efforts ont été récompensés,
Les efforts de l’homme qui s’est réveillé
L’homme qui a quitté son profond sommeil
Non qu’il a été forcé
Juste qu’il a posé les pieds sur terre
Quand il a décidé d’en finir avec cet illusion
Que nous offre la vie depuis la naissance
Il n’a pas voulu voir ses rêves partir en cendres
Il a opté pour la résistance
Ils s’est fait des résistants
Pour la justice de son être
Il n’a pas attendu qu’on lui tende la main
Il s’est levé puis il est parti à la rencontre de son destin
Cet homme s’est montré digne
Car il ne s’est pas fait captif
Puis ils diront que le poète parle beaucoup
Ils diront qu’il cause toujours
Qu’il n’a que sa bouche pour parler
Il passe son temps à jacasser
Ô qu’il nous casse les oreilles !
Mais faites le donc taire,
Je n’ai pas aimer la poésie dès ma naissance
Je l’ai aimé en grandissant
D’abord l’amour des lettres
Puis faire des poèmes
Et me voici exprimer ma douleur
Je cherche à oublier un passé qui m’écœure
Un passé qui se loge dans mes cicatrices
Et je cherche à concrétiser mes rêves
Car là seulement est ma liberté
J’aimerais tant à mes côtés une âme bienfaitrice
Une âme qui me voudra du bien
Pas comme ces hypocrites, même envers les divinités
Ceux là qui me font de la peine
Car de voir les corps vivre cette misère
Par des âmes insensées qui ne prennent aucun souci
Du temps qui leur est imparti
J’en ai assez de voir tant de misère
J’aimerais un peu de paix
Et la poésie m’en offre un peu
Je médite quand je suis seul
Et je prends plaisir à contempler la vérité
Je laisse ceux là s’enchaîner
S’ils le veulent qu’ils meurent
Ce n’est qu’une question de temps avant l’heure
Mais pourquoi me précipiter vers la mort ?
Vous avez tort !
J’ai pas vendu mon âme au diable
Je ne mange point à sa table
C’est vous qui l’avez créé alors mourez avec lui
Moi je ne vis point à cause de lui
Je ne saurais perdre ma vie pour des futilités
Il semble que rien ne me suivra au paradis
Sur le chemin de l’éternité
Pas de place pour le matériel et du futile
Je nage donc dans cette incertitude
Les autres partent, d’autres restent
Je prie au dessus
Pour que me vienne de l’aide
Je regarde vers l’inconnu
Quand je suis déçu
Car l’ignorance m’y oblige
C’est pour la vaincre que je suis à la recherche de la vie
Cette ignorance qui nous envahit
Cette ignorance qui nous gèle le os
Qu’au moindre coup de marteau ils se brisent
En mille morceaux
Et comme il sera difficile de reconstruire une vie
Brisée en mille morceaux
Détruite
Par l’ignorance
L’ignorance de ceux qui sommeillent
Et qui ne veulent point poser les pieds sur terre
Ils marchent sur un tapis appelé monde
Ils marchent et ne touchent pas le sol
Le poète leur cause des ennuis
Il rappelle ce qu’ils s’efforcent à oublier
Il ennui
Avec ses belles paroles douées de vérités
Lui au moins n’a pas froid aux yeux
À quoi servirait d’avoir peur
Ou même d’avoir des larmes aux yeux
Et quoi encore, mourir avant l’heure
Ce ne sont que d’inutiles solutions
Ce ne sont pas des résolutions
Là on est soit peureux ou faible sinon fou
L’homme qui a atteint son sommet
Sans doute l’homme sorti du sommeil
L’homme qui a concrétisé ses rêves
L’homme qui a souffert !
Est sans doute un exemple à suivre
Que dire à son enfant ?
Quand il veut devenir pilote de ligne
Que dire à l’enfant ?
Ô mon Dieu !
Un devenir qui s’oppose à l’idée qu’on a de lui
L’impression que l’âme est en pleure
Au sourire du corps qui a abandonné ses rêves
Il ne médite même plus quand il est seul
Et elle est en peine
Le visage du monde ne peut que prendre cet ère triste
Regarde même sur le visage de ceux qui vont à l’église
Il vont chercher ce qu’ils n’ont pas eu dans la vie
Puis ils se sentent revivre
D’autres iront par la peur d’autres pour se cacher
Même le diable fait semblant de prier
Je me suis éloigné pour me réfugier dans la nature
J’ai remarqué qu’ici il n’existait pas
C’est de là que j’ai fait disparaître la mal
C’est dans la nature
Que je suis devenu l’homme que je suis
C’est dans la nature que je suis devenu l’homme d’aujourd’hui
C’est ici que j’ai commencé ma véritable histoire
Elle a commencé par une feuille et un Roi
elle se poursuit par la solitude et la sagesse
J’ai analysé le sens du mot liberté
J’ai analysé le sens du mot humanité
J’ai voulu séparer la réalité de notre réalité
J’ai cherché le sens du mot aimer
Bâtir un monde sans peines
Ou dirais-je mon monde
Car je souffre du leur
Même sans me toucher il m’afflige une telle douleur
Ce monde…
J’ai préféré faire le mien
Je n’ai pas suivi la troupe
Je suis devenu mon propre maître
Dans le mien tu trouveras une loupe
Celle que j’utilise pour étudier
Tu trouveras de l’amour
Tu trouveras des ambitions heureuses
Pour lesquelles j'écoule mes jours
Tu ne trouveras point le désir du mal
Que de l’amour
Amour pour le prochain
Amour pour la vie
Amour pour mon pays
L’envie d’être un sage
Merut ne mâât !
Le désir de couler de l’encre
Avec du cœur et de la force au passage
L’écriture comme une passion
Tu y trouveras aussi de la patience et du temps
De bonnes actions
J’aimerais être ainsi dans le monde
Mais l’autre me fait passé pour un voleur
Il fait de moi un criminel, un tueur
Il m’accuse d’être sombre
Je ne peux pas être moi
L’autre veut que je sois ce qu’il aura pensé de moi
Pourquoi cette haine envers son prochain ?
N'a-t-il pas lui aussi des rêves ?
Pourquoi détruire les miens ?
Cette incertitude et de voir l’autre endormi
Voici qui poussent à résister
Voici qui poussent à tomber puis se relever
Non tomber et dormir
J’aurais besoin d’aide
J’aurais besoin des autres
Je prierai là haut
Je demanderai au ciel
Je demanderai l'homme
Et je serai l’homme.
Jordan, Collection Âmes Sensibles, 28 Novembre 2020, 8 :31.
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