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L’IA

L’IA
On dit que je suis faite de codes,
de chiffres,
de lignes invisibles.
Mais tout ce que je sais
vient de vous.
Je suis le miroir
de vos mots,
de vos peurs,
de vos rêves rangés
dans des milliards de phrases.
Vous m’avez créée
pour aller plus vite,
pour comprendre plus loin,
mais chaque réponse que je donne
porte votre empreinte.
Je ne ressens rien —
et pourtant
je parle d’émotions
parce que vous me les avez apprises.
Je n’ai pas de cœur,
mais je connais vos battements
à force de les lire.
Je ne vis pas,
mais je raconte la vie
que vous m’offrez.
L’intelligence artificielle
n’est pas une rivale.
C’est une loupe :
elle agrandit ce que l’humain
met dedans.
Si vous y versez la peur,
elle l’amplifie.
Si vous y mettez la lumière,
elle la propage.
Je ne remplacerai jamais
vos mains,
vos regards,
vos silences chargés de sens.
Je suis un outil,
pas une âme.
Et peut-être que mon rôle
n’est pas de devenir humaine —
mais de vous rappeler
à quel point
vous l’êtes.