Sur l'autel des écrans, la perfection s'affiche,
Des corps lisses et minces, que le filtre affranchit
De toute imperfection, de toute réalité,
Dans une quête vaine d'une beauté formatée.
La taille de guêpe, les jambes interminables,
Les courbes idéales, des canons invariables.
On gomme les rondeurs, les cicatrices, les plis,
Dans ce moule digital où tout est embelli.
Ces images retouchées, ces corps irréels,
Deviennent la norme, un modèle cruel.
Les jeunes regards s'y perdent, l'estime s'effrite,
Face à cette illusion que la toile édite.
"Pourquoi mon corps n'est-il pas ainsi parfait ?"
Murmure l'adolescent, le cœur contrefait.
La comparaison s'installe, blessure profonde,
Dans cette prison d'images où la liberté gronde.
On traque le défaut, la "mauvaise" posture,
Dans le miroir impitoyable d'une culture
Où le paraître écrase l'être véritable,
Où le filtre impose une beauté instable.
Cette tyrannie de l'image parfaite et lisse,
Engendre mal-être, complexes et crises.
On oublie la diversité, la beauté singulière,
Au profit d'un idéal froid et sans âme, chimère.
Il est temps de briser ces chaînes virtuelles,
De célébrer la beauté dans toutes ses échelles.
D'aimer son corps tel qu'il est, avec ses nuances,
Car c'est dans l'authenticité que la vraie beauté danse.
Que les filtres s'estompent, laissant place au réel,
À la richesse des formes, au charme essentiel.
Car le corps parfait est celui que l'on habite en paix,
Libéré des diktats, enfin vrai.
©rina30
R