L'OBSERVATRICE
Assise sur un banc, je suis,
le regard porté vers le haut,
des myriades de questions trottant dans ma petite tête.
Le silence règne,
le froid m’empêche de sombrer dans un sommeil profond.
Mon corps est lourd et fatigué,
mes muscles tendus et douloureux,
ma tête vacille à un rythme régulier.
Je reste silencieuse,
me fondant dans le décor.
J’observe — non, j’analyse —
tout ce qui se passe autour de moi,
sans pour autant y porter un regard accusateur.
Les humains, je ne les déteste point…
mais le monde, si.
Ma haine, qui était censée être destinée à mes pairs,
se retrouve tournée vers ce monde injuste et cruel,
qui parfois ne nous laisse pas le choix,
nous transformant en ce que nous détestons le plus au monde.
Nôtre plus grande peur
se réalisant ainsi.
S