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L'Ombre de l'Autre

L'Ombre de l'Autre
Je n’existe plus que par ton regard,
Miroir fragile où je cherche mon nom.
Ton silence est un gouffre, un brouillard,
Qui étouffe mes sens et ma raison.
Tu es l’air que je vole, le sang qui me manque,
L’unique pilier d’un temple en ruine.
Si ton pas s'éloigne, mon âme flanche,
Et le vide en moi devient une épine.
J'ai bâti ma demeure au creux de tes mains,
Oubliant que mes pieds savaient marcher seuls.
Je mendie l’espoir d’un lendemain,
Peur de me retrouver sous mon propre linceul.
C’est une faim que rien ne désaltère,
Un vertige sucré, un poison si doux ;
À vouloir faire de toi ma terre entière,
Je me suis perdu, à genoux, loin de nous