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L’orpheline Dans cette maison je marche doucement, comme si mes pas avaient…

L’orpheline

Dans cette maison
je marche doucement,
comme si mes pas
avaient déjà dérangé de trop.
Depuis que maman est partie,
les murs ont changé de voix.
Ma belle-mère
me regarde
comme une erreur
qu’on a laissée entrer.
Ses mots
ne frappent pas la peau.
Ils frappent plus profond.
Là où une enfant
essaie encore
de se sentir aimée.
Je fais tout bien pourtant.
Je range.
Je nettoie.
Je me tais.
Surtout,
je me tais.
Parce qu’ici
les larmes fatiguent les adultes.
Alors je pleure
dans l’oreiller,
en silence,
comme si même ma tristesse
n’avait pas le droit
de faire du bruit.
Parfois
je parle à maman
dans ma tête.
Je lui demande :
“Est-ce que tu me vois encore ?”
Parce qu’il y a des jours
où je me sens
disparaître.
On dit qu’une maison
est faite pour protéger.
Mais certaines maisons
vous apprennent surtout
la solitude.
Et moi
je grandis trop vite,
avec un cœur d’enfant
qui cherche encore
un endroit
où se reposer.