Ce soir j'écrirai un poème...peut-être
Assis sur un fauteuil posé à la fenêtre.
Vers le ciel noir un regard grave et vague
Je fourbirai ma plume. En ferai une dague.
La lune sera là, brillante et prétentieuse
Narguant mon parchemin. Mais ma muse précieuse.
Me trouvera des mots qu'il faut pour l'éteindre
Je suis comme un soleil aveugle qui sait peindre.
Dans le ciel un oiseau tracera son paraphe
Sans savoir qu'il fera partie d'un paragraphe.
De mon texte indigent. Je déplace ma chaise
La lune n'est plus là, je ne suis pas à l'aise.
Une étoile filante avec sa queue bifide
Viendra me proposer un vœu. Cette perfide.
S'en ira aussitôt en riant dans l'espace
À quoi servent les vœux quand le rêve s'efface ?
Je ferme la fenêtre à tous les courants d'air.
Le vent s'est éveillé. Dans la nuit, un éclair
Vient zébrer le silence. Et commence l'orage
La lune évanouie dormait sur le nuage!
Ma dague est plus glacée que le cœur de l'enclume
Et l'encre est gelée paralysant ma plume.
Alors ce soir je n'écris pas, je range mon fauteuil
Car, de la lune morte, il me faut porter un deuil...
Victor Poète✍
BIBLIOTHÈQUE VICTOR POÈTE-PAROLIER📚
©Victor P
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