Maman m’a forcée
Maman m’a forcée
à être forte trop tôt.
À avaler mes larmes,
à me taire,
à tenir debout
quand je voulais juste tomber.
Elle disait que la vie n’attend pas,
que pleurer ne nourrit personne,
que la douleur passe
quand on serre les dents.
Alors j’ai appris
à survivre,
pas à vivre.
Maman m’a forcée
à comprendre avant l’âge,
à porter des poids
qui n’étaient pas les miens,
à devenir adulte
sans transition.
Je ne lui en veux pas vraiment.
Je sais qu’elle faisait
avec ce qu’elle avait.
Mais parfois,
j’aurais voulu une mère
qui protège,
pas une mère qui endurcit.
Aujourd’hui encore,
je lutte pour m’autoriser
la douceur
qu’on ne m’a jamais apprise.
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