Mon cœur comme une maison abandonnée
Mon cœur
ressemble à une maison
qu’on a quittée
sans prévenir.
Les volets claquent encore
quand le vent du passé
se lève.
Les portes grincent
comme des souvenirs
qu’on n’a pas huilés.
Il y a des pièces
où la lumière n’entre plus.
Des murs
tapissés de promesses
qui se décollent.
On voit encore
l’empreinte des cadres
là où étaient accrochés
des visages aimés.
Le sol craque
sous le poids
de ce qui n’a jamais été réparé.
Je dis que tout va bien
mais à l’intérieur
les fenêtres sont brisées
et la pluie
passe sans permission.
Parfois quelqu’un frappe.
Je retiens mon souffle.
Est-ce qu’on rénove
ou est-ce qu’on vandalise encore ?
Alors je laisse les toiles d’araignée
faire croire
que personne n’habite ici.
Mais au fond
il reste une ampoule
qui refuse de s’éteindre.
Une petite lumière têtue
qui murmure :
ce n’est pas une ruine.
C’est une maison
qui attend qu’on la restaure
avec douceur.
Mon cœur n’est pas mort.
Il est en friche.
Et même les maisons abandonnées
gardent la mémoire
de la chaleur.
R