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MONDE CRUEL

MONDE CRUEL

Monde si cruel,

tu as failli à me protéger,

et pourtant aujourd’hui,

tu me demandes tout,

tu m’exiges tout.

Tu as déjà volé la moitié

de ce que j’avais dans mes jeunes heures,

et maintenant que j’essaie de me reconstruire

avec ce qui me reste,

tu viens encore me crier

de te donner ce reste.

C’est toi qui as failli à me protéger !

Puis tu reviens,

avec une lueur de faux espoir,

me murmurant :

« Parle-moi… dis-moi ce qui te pèse, je

t’écoute. »

Et moi, pathétique que je suis,

je crois encore à tes mots.

Alors je t’avoue tout…

Et là, tu oses me crier :

« Menteuse ! Impostrice ! »

Oh, cruel que tu es !

Je voudrais t’embraser,

et ne voir que cette fumée,

témoignage de ce que tu as été.

Mais je suis incapable d’allumer ce feu,

même si toi,

tu n’as pas hésité un seul instant

à me brûler.

Je m’en veux d’être si faible,

d’être incapable de le faire.

Mais si je le fais,

je te donnerai raison,

et tu diras que je suis comme toi.

Mais je ne serai jamais comme toi !

Et tu dis :

« Merci… »

Merci, car mes protégés auraient péri

Si je t’avais embrasé ;

ce ne sont que des âmes innocentes.

Mais je te le dis :

moi aussi, j’étais innocente,

et toi,

tu as failli à me protéger.

Misérable que je suis,

qui me sauvera du corps de cette mort ?

Oh ! Si je n’étais pas sûre

de voir la bonté de l’Éternel

Sur la terre des vivants !…

Pourtant, malgré toi…

Je choisis encore de croire en la lumière.
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