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Ne me secourez pas

Ne me secourez pas

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Comme un moyeu de roue usé par l'orage,

Je gis, à demi-mort sur le rivage.

Mon souffle n'est qu'un faible et dernier soupir,

Et dans ma chair, le cœur a cessé de battre.

Ô mon Dieu, laissez-moi à ce triste martyr.

Mes racines, d'un coup, ont lâché l'humus,

Mes muscles, autrefois prompts, ne se contractent plus.

Je suis comme une outre vidée de son vin précieux,

Un royaume en ruine, un ciel sans aucun dieu.

Alors, je vous en prie, ne me parlez pas.

Tissez autour de moi le vide et le silence.

Oubliez-moi, fuyez, faites que l'on s'absente.

N'essayez pas d'étreindre ce qui n'est déjà plus.

Je n'ai plus besoin de rien, ni de votre présence.

Mon roi, mon Dieu, si vous ne m'entendez pas,

Si votre oreille est sourde à ma plainte qui monte,

Alors laissez-moi donc triompher de ma honte.

C'est moi qui ai cherché la fatigue en ces pas,

C'est moi, et moi seul, qui veux trouver la fonte.
#PoeAwards#Poemia