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Ni idoles, ni monstres juste des humains Il existe des mères que l'on ne voit…

Ni idoles, ni monstres juste des humains

Il existe des mères que l'on ne voit pas vraiment, parce qu'elles sont partout à la fois.

Elles se lèvent avant que le jour n'ose s'annoncer, préparent la chaleur avant le froid, cousent en silence les rêves que la vie a effilochés. Elles absorbent les tempêtes sans se plaindre, portent les larmes des autres sans verser les leurs, tiennent debout quand tout autour d'elles vacille. On les appelle reines, guerrières, piliers et ces mots ne sont pas volés. Mais derrière cette force que l'on admire de loin, il y a des nuits où elles doutent aussi. Des nuits où elles se demandent si elles suffisent, si elles font assez, si quelqu'un les verra jamais s'effondrer un peu.

Cette perfection que le monde leur attribue n'est pas un don. Elle est forgée dans la solitude, dans les renoncements silencieux, dans cette habitude qu'elles ont prise de passer en dernier.

Et puis il y a des pères que l'on efface d'un trait, d'un mot, d'une légende partagée en boucle.

Absents, dit-on. Fuyards. Fantômes. On les juge vite, fort, sans nuance comme si l'absence était toujours un choix délibéré, comme si derrière chaque départ il n'y avait que lâcheté. Mais la vérité est plus complexe, et souvent moins commode à raconter. Certains fuient parce qu'ils portent eux-mêmes des blessures jamais soignées. D'autres reviennent discrètement, paient ce qu'ils peuvent, apprennent tard ce que personne ne leur a enseigné tôt. Pas d'excuses dans ces mots juste la reconnaissance que l'irresponsabilité n'est pas gravée dans les gènes. C'est parfois un choix. C'est parfois un appel au secours que personne n'a su entendre.

Au fond, ni l'une ni l'autre figure n'est une statue.

Ce sont des êtres humains, imparfaits et traversés par leurs propres tempêtes, qui naviguent à tâtons dans l'une des aventures les plus exigeantes qui soit : élever une vie, sans mode d'emploi, sans filet, souvent sans modèle.

Et l'enfant, au milieu de tout cela, n'a pas besoin de héros sans failles. Il a besoin de présence. De vérité. D'un amour qui ne disparaît pas quand les choses deviennent difficiles. Il a besoin de voir que l'on peut se tromper, reconnaître ses erreurs, et continuer quand même d'avancer.

Cessons de forger des idoles d'un côté et des coupables de l'autre. La parentalité n'est pas un concours de perfection c'est un chemin semé d'efforts souvent invisibles, de recommencements silencieux, de pardons qui réparent ce que les mots ont abîmé.

Ce qui construit un enfant, ce n'est pas la perfection de ceux qui l'élèvent.

C'est la sincérité avec laquelle ils essaient, malgré tout, d'être là.
Ni idoles, ni monstres juste des humains

Il existe des mères que l'on ne voit…