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Notre printemps, il était le nôtre. Il ne l'est plus aujourd'hui, balayé comme…

Notre printemps, il était le nôtre. Il ne l'est plus aujourd'hui, balayé comme les feuilles jaunes d'automne.

Le théâtre de notre quotidien nous a laissés seuls, narrateurs d'une histoire qui ne nous appartient plus. On évoque cette histoire en parlant d'époque. Et à l'époque, on se voyait et on se regardait; aujourd'hui on se voit sans se regarder. J'ai cessé de te regarder la première alors que je te voyais encore.

Je suis désolée.

Beaucoup de remords mais peu de mots pour les exprimer. À quel moment avons-nous cessé de nous regarder ?
Peut-être un jour banal, peut-être entre deux rires, peut-être sans rien remarquer du tout.

Certains amours se perdent dans les grandes tempêtes; le nôtre s'est dissous dans le calme.

Et c'est sûrement dans ce même calme qu'on se reverra. On parlera de toi, de moi, de ce que l'on appelait autrefois "nous". On parlera de ce "nous" qui n'existe plus au présent, de ce qu'il avait été, et de ce qu'il aurait pu être.

Je te parlerai de toutes ces années loin de toi. Je te dirai que tu ne m'as jamais manqué... Juste pour chercher une preuve que j'existe encore quelque part en toi, j'espérerai te voir blessé.

Je voudrais que tu aies mal, comme moi, parce que je ne veux pas être la seule à avoir souffert de ton absence; et encore moins de ta présence.
Mais tu ne le sauras jamais, je ne te le dirai jamais.

Et tout cela parce que, lorsqu'on se reverra, nous ne serons plus que des étrangers dont les cœurs étaient autrefois animés par la même flamme.

Des cœurs aujourd'hui lourds de remords, mais malheureusement trop fiers pour l'admettre. Une fierté qui nous empêchera de nous retrouver.

Et c'est peut-être aussi à cause de cette même fierté que nos cœurs n'ont pas pu se comprendre à l'époque.
Un "peut-être" qui prend la forme d'une certitude depuis la fin de notre printemps.
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