Nous sommes ceux qu’on ne regarde pas,
Ceux qui prient pendant qu’on décide là-bas.
Nous sommes les mains vides, les dos pliés,
Les voix tremblantes que personne ne veut écouter.
Nous n’avons pas d’armes, pas de pouvoir,
Seulement des larmes et des espoirs.
On nous appelle dommages collatéraux,
Comme si nos vies pesaient si peu dans leurs mots.
Nous, les faibles, les invisibles,
On court sous la pluie des missiles.
On serre nos enfants, on ferme les yeux,
En espérant que Dieu voit mieux qu’eux.
Les puissants parlent en chiffres, en frontières,
Mais nos morts n’ont pas de barrières.
Ils tombent partout, dans chaque pays,
Et le sang coule comme un même cri.
On ne veut pas leur trône ni leur guerre,
Juste un toit, du pain, un peu de lumière.
Mais ils construisent leurs royaumes sur nos ruines,
Et boivent leur vin pendant que l’on s’échine.
Ils disent : "C’est pour la paix, c’est la loi."
Mais leur paix écrase, elle ne croit pas en moi.
Nous, les faibles, on rêve tout bas,
Parce que rêver fort, ça dérange parfois.
Mais un jour viendra, peut-être, un matin,
Où les faibles marcheront main dans la main.
Et leurs voix, longtemps piétinées,
Seront des rivières qu’on ne peut arrêter.
©rina30
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