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Oser partir

Oser partir
Partir,
ce n’est pas toujours
un geste courageux.
Parfois
c’est une guerre silencieuse
contre tout ce qu’on a supporté
trop longtemps.
On croit que partir
c’est tourner le dos.
Mais rester
quand on se perd,
ça aussi
c’est une forme d’abandon.
J’ai hésité.
Longtemps.
J’ai compté
les souvenirs heureux
comme des excuses
pour rester.
J’ai minimisé
mes blessures.
J’ai appelé ça
“patience”,
“amour”,
“espoir”.
Mais la vérité ?
Je m’éteignais
doucement.
Sans bruit.
Sans drame.
Juste
de moins en moins moi.
Oser partir,
ce n’est pas cesser d’aimer.
C’est cesser
de se faire mal
au nom de cet amour.
C’est dire :
“ça suffit”
même quand la voix tremble.
C’est fermer une porte
en sachant
qu’on va pleurer
derrière.
C’est choisir
l’inconnu
plutôt que la douleur
connue.
Et ça fait peur.
Terriblement peur.
Parce que partir
ce n’est pas juste quitter quelqu’un.
C’est affronter
le vide
qu’on a évité
pendant si longtemps.
Mais parfois,
ce vide
est plus honnête
que ce qu’on vivait.
Alors oui,
je tremble encore.
Mais cette fois,
je marche.