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Paradoxe sentimental Je dis que je vais bien, mais c’est une phrase que je…

Paradoxe sentimental

Je dis que je vais bien, mais c’est une phrase que je prononce pour éviter d’expliquer le désordre. La vérité, c’est que je sais exactement où ça fait mal, et j’y retourne quand même. J’ai appris à aimer ce qui me blesse, pas par faiblesse… par reconnaissance. La douleur me parle un langage que je comprends. Elle me rassure presque. Quand ça fait mal, au moins je sais que je ressens encore quelque chose.

Je fuis les amours simples, celles qui ne demandent ni preuve, ni sacrifice, ni silences à déchiffrer. Le calme me semble suspect, comme s’il cachait une fin trop douce pour être vraie. Alors je m’attache à ce qui me fragilise,à ce qui me fait douter de ma valeur, à ce qui m’oblige à attendre. J’appelle ça “amour”… mais c’est souvent survivre. Je pars avant d’être quittée. Je m’éloigne pour garder le contrôle. Mais la distance n’a jamais été un remède, juste une autre façon de souffrir sans l’admettre.

Je comprends tout. Les mécanismes, les blessures, les répétitions. Je pourrais expliquer mon cœur comme un schéma clair, mais je n’arrive pas à lui apprendre à choisir ce qui ne fait pas mal. Je dis que je me choisis, mais je laisse toujours une faille ouverte. Un endroit précis où quelqu’un qui m’a déjà blessée pourrait revenir sans frapper.

Le paradoxe sentimental, c’est préférer une douleur connue à une paix inconnue. C’est confondre intensité et amour. C’est croire que souffrir est une preuve de profondeur. Et pourtant, au fond, je sais… Je sais que l’amour ne devrait pas faire mal. Je sais que je mérite plus que l’attente, plus qu’un effort à sens unique. Reste à apprendre à appeler “amour” ce qui ne me détruit pas lentement.
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