Femme, je te regarde.
Je vois en toi, j'arrive à lire en toi.
Je vois ton être, envahi de crainte et d'amertume qui étouffent une bonté encagée.
Je te regarde, je vois en toi toute la tristesse du monde.
Je regarde plus fort que je vois ta souffrance.
J'arrive à voir qu'on te dérobe chaque petits bouts de ton être.
En observant bien je vois des hommes , abuser de toi, tirer de toi un plaisir charnel.
Je t'entends, ton âme hurle.
Je l'entends me dire que c'est tellement plus, que leur plaisir égoïste de brise, dépasse ta chaire et atteint tes entrailles.
Je l'entends me hurler que certaines femmes, alors qu'elles doivent t'aider à briser des chaînes, te retiennent d'avantage.
Elles te mutilent, t'arrachent ton plaisir, qui est jalousement gardé par les hommes.
J'entends ton âme gémir, je sens qu'elle veut me dire quelque chose.
Elle y arrive enfin.
Elle me dit que la société te deshumanise , te chosifie.
Je peux l'entendre me dire que tu es considéré comme un héritage quand l'être aimé meurt .
Tu deviens un legs.
J'entends ton âme difficilement.
Elle chuchote, tant son chagrin est lourd.
Avec ses dernières forces, elle me dit d'une voix révoltée :" cette société sexiste , veut me dominer , me contrôler"
Elle marque une pause , et j'entends son silence .
Elle n'a plus les mots , mais son silence lui les a .
Il me fait comprendre que la société à travers ses standards et prototypes de beauté l' emprisonne dans un océan de complexes.
Je comprends ainsi que si , elle, femme , n'est pas extirper de cet océan elle commencera à manquer d'air et s'en ira dans l'endroit le plus paisible et sûr qu'il existe..
©ecrivaine
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