V

PLAINTE SOURDE

Pas d'yeux à regarder, pas de pieds à marcher ta douleur muette
Juste un coeur qui bat, une vie mourante, solitaire.
Pas de papier ni d'encre aux mains bredouilles du Poète
Juste un temps oisif qui effleure le portail du calvaire.
Tendre les mains à rien. Une famine désespérée
Oublier son itinéraire de marche être un voleur de rêves.
Veux-tu savoir combien de fois ce cœur a été opéré ?
Compte sur mon journal intime les jours et mois de grève !
Arrête ! le cri de l'agonie va de pair avec le silence
Dont il choisit les cris de sourd maintenant le calme étrange ;
Dans une pénombre qui complote avec la conscience
Obscurcissant à l'encre noire les effluves de l'ange.
Fais-toi tatouer mon prénom sur ta hanche
Pour me rêver comme ton être,
Des faits que le sommeil t'apporte en avalanche
Fassent disparaître mon spectre !
Dicte à cette transe sombre, que ses cils sont des colombes
Couds avec leurs pointes royales l'âpre controverse,
Le corps céleste portant ta lumière me traverse
Et m'offre la clé de la souplesse plus tenace à mes lombes.
Un compteur de vitesse de fourmi dans l'estomac engloutissant
Distance, fermeture de la faim de moi, de toi, dans ce qui est à nous.
L'appartenance à ton choix est-ce un objectif puissant ?
Que j'apporte un anneau en diamant étant à genoux.
Que tes yeux me cousent à toi, à ce désir dépassé
Qui se réveille toujours nu, me chercher en dilatant ta pupille,
De l'encre bleuâtre sabrer les lignes historiques du passé
Toaste ton verre de Champagne à ma liqueur de vanille !
Dans cet habitat où je suis une île, et toi avec le code navigateur
Tu peux violer mes frontières jusqu'à ce que tu sois vaincue.
Déterre les jalons posés par le premier explorateur,
Ma résidence, que tu sois première à l'avoir eue.
Victor Poète✍
BIBLIOTHÈQUE VICTOR POÈTE-PAROLIER📚
©Victor P