Émotion perdue, sentiment déchu,
Voilà bien des années que l'amour s'est tut,
Malgré le temps qui passe, je reste l'intrus,
C'est pourquoi sourire, s'avère chose ardue.
Un ressenti agressif d'un cœur impulsif,
À la simple vu d'un futur évasif,
À bout de souffle, les nerfs à vif,
Je n'ai pas ma place, dans ce monde incisif.
Esprit épuisé et tourmenté,
Jumelé d'une âme destructurée,
Fixant l'avenir, partir en fumée,
Voilà bien des années,
Que je demeure écœuré.
Mon existence se perd dans l'illusion,
D'une vie sans appréhension,
Je me délecte de cette douce malédiction,
Je reste passif, dépourvu de passion.
Quelquefois, un soupçon de bonheur,
S'invite, et emplit mon cœur,
Mais aussitôt disparaît,
Dans les sombres profondeurs,
Gouffre sans fond, où ne vit que la peur,
Obscurité, ténèbres et rancœur,
Sombre abîme de pure douleur,
Solitude, mélancolie et malheur,
À l'horizon, ne brille aucune lueur,
Mais juste l'agonie d'un cœur en pleurs.
Seuls les mots me donnent le pouvoir,
De vivre dans l'attente d'un espoir,
Mais ce que l'on me laisse juste entrevoir,
N'est que le miroir du désespoir.
Furieuse et tenace mélancolie,
De mon cœur, tu es le délit,
De mon âme, tu es la folie,
Mais de moi, tu fais partie.
Je perçois le son de ces lointains murmures,
Égaré entre passé, présent et futur,
Je sens que lentement mon âme se fissure,
Agressive tristesse, divine désinvolture.
Le bonheur n'est pour moi qu'un mirage,
La joie reste prisonnière d'une cage,
Aux barreaux, faits d'un diabolique alliage,
Invulnérable à quelconque sabotage.
C'est la douce voix éternelle,
D'un vaste esprit rebelle,
D'une illusion émotionnelle.
Au loin j'entends l'appel,
D'une poésie inusuelle,
Où les vers s'amoncellent,
Dans les limbes intemporelles,
Une dimension illusionnelle,
Où la plume reste mortelle.
©arafaoe
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