Je noirci des feuilles blanches à l'encre d'ébène
À l'encre de mes peines
Je me Poumone sous la fureur du vent
Mes mots s'envolent comme des nuages mouvants
On me tue chaque jour dans la langue de Molière
Je rend chaque coup dans la langue de Césaire pour être noir je chante ma solitude
J'habille désespoir que l'aube dénude
Jugé sur mon teint
J'écris à l'instinct
J'ouvre les bras au monde mais seule la peine m'étreint
Alors sourire forcé
Je n'serais jamais français
Là les fils de colons ont peur d'être grands remplacés
J'mène une vie de bohême
J'émancipe en lettre
Je n'attends pas qu'on m'aime,
J'exige qu'on me respecte
Parfois j'ai souvent d'humeur noir
J'ai des idées noires
Parfois je broie du noir
Ma poésie est noire
©jaures
J