Être paré d'une beauté qui captive les regards,
Auréolé d'une douceur qui désarme les bagards,
Affublé d'une image de perfection sans faille,
Peut devenir un poids, une invisible maille.
La beauté attendue, celle qui ne doit jamais ternir,
Exige une vigilance constante, une peur de finir
Par décevoir le regard qui vous a idéalisé,
Prisonnier d'une image où rien n'est improvisé.
La douceur imposée, celle qui doit toujours plaire,
Oblige à taire les colères, à masquer la misère.
Ne jamais froisser, toujours arrondir les angles,
Un rôle épuisant où les émotions s'étranglent.
La perfection exigée, sans droit à l'erreur,
Met une pression constante, une angoisse intérieure.
Chaque faux pas scruté, chaque imperfection blâmée,
Dans cette course folle où l'humain est nié.
Ces trois attributs, souvent enviés de prime abord,
Peuvent enfermer l'être dans un rôle trop fort,
Où la spontanéité s'efface, la liberté s'éteint,
Sous le poids des attentes, d'un destin contraint.
Car derrière la beauté, le besoin d'être aimé
Pour ce que l'on est vraiment, sans artifice affirmé.
Derrière la douceur, la force de ses convictions,
L'audace de s'affirmer, sans ces restrictions.
Derrière la perfection, l'humanité imparfaite,
Avec ses faiblesses, ses doutes, sa quête.
Se libérer de ce triple fardeau exige du courage,
Pour enfin être soi, sans plus aucun servage
Aux regards extérieurs et à leurs illusions.
La vraie beauté s'épanouit sans ces prisons,
Dans l'authenticité brute, la vérité du cœur,
Affranchie des jugements, de cette vaine leurre.
©rina30
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